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3 idées reçues sur la RSE

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31 janvier 2018
Le point de vue
Management et gouvernance

La RSE gagne du terrain mais un long chemin reste à parcourir. L’Institut Friedland revient sur quelques idées reçues dans ce domaine…

1. La RSE vient des Etats-Unis

L’ouvrage de l’américain Howard Bowen (Social Responsibilities of the Businessman – 1953) a une telle influence que de nombreux spécialistes y voient, à tort, l’acte fondateur de la RSE.

Pour les Européens, la question de l’entreprise responsable s’est en effet posée dès l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (1891) et les travaux de l’Union de Fribourg qui questionnent aussi bien l’intérêt de l’entreprise que les motivations des dirigeants. Avec Rerum Novarum, l’Eglise catholique entend donner son point de vue sur les conséquences spirituelles et sociales de l’industrialisation. Elle participe ainsi aux côtés de nombreux groupes patronaux et de syndicats à l’émergence des premières politiques sociales. Parallèlement, en France, le mouvement mutualiste a été inspiré par les communautés religieuses protestantes de la région de Niort où petits propriétaires, patrons et théologiens débattaient régulièrement de la contribution sociale de l’entreprise. C’est dans cette région qu’on voit apparaître le premier syndicat agricole, la première boulangerie coopérative, la première coopérative de battage et la première caisse d'assurances agricoles.  

Rerum Novarum ainsi que l’esprit coopératif et mutualiste nourriront les travaux des cadres qui reconstruiront l’Europe après la seconde guerre mondiale et seront à l’origine d’une politique de protection sociale très active mais aussi d’initiatives nombreuses à l’adresse des PME comme soutiens de l’économie locale.

2. En matière de RSE, la règlementation ne sert à rien

La règlementation constitue une incitation au déploiement de la RSE. En 2001, la Loi NRE a ainsi  permis une plus grande transparence sur les chiffres et les initiatives RSE des entreprises. Quant aux lois Grenelle 1 (2008) et Grenelle 2 (2010), elles se sont traduites par l’intensification de la publication des données en matière de RSE pour les plus grandes entreprises. La loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a, quant à elle, systématisé la publication des données liées à la RSE par les investisseurs comme par les entreprises.

Reste que la règlementation ne peut, à elle seule, suffire à diffuser les pratiques en matière de RSE dans les entreprises.

Une étude menée par l’Institut Friedland sur 101 initiatives RSE dans des entreprises de croissance dirigées par des femmes montre que 33% d’entre elles (seulement) sont liées à l’application de règlementation. Pour la majorité des entreprises, le facteur clé pour s’impliquer en matière de RSE demeure en effet la motivation du dirigeant et ses convictions. Certaines actions trouvent également leur origine dans des initiatives émanant des salariés (6%).

3. La RSE concerne surtout des actions en faveur de l’environnement

 On distingue 3 types de RSE :

  • sociale : actions ciblant les salariés et le périmètre rapproché de l’entreprise ;
  • sociétale : actions de portée générale traitant de questions de société et englobant des populations s’étendant au-delà de l’entreprise ;
  • environnementale : actions visant la préservation de l’environnement.

Le Focus de l’Institut Friedland, qui porte sur un panel de femmes chefs d’entreprise, indique que le champ d’application le plus représenté est celui de la RSE sociale (46% des initiatives), puis celui de la RSE environnementale (34%) et enfin celui de la RSE sociétale, moins représenté (20%) car longue et complexe à mettre en œuvre.

Le saviez-vous ?

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