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66,7% des fonds en capital-risque captés par les nouvelles technologies

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19 mars 2018
Le chiffre clef
Leviers de croissance

Selon Thomson Reuters, la France se classe au 1er rang européen du nombre d’entreprises innovantes financées par capital-risque, pour les deux tiers évoluant dans le secteur des nouvelles technologies.

Le rôle de l’industrie du capital risque est de financer sous forme de participation des entreprises aux projets innovants non cotées en bourses, considérées comme ayant un fort potentiel de croissance et de retour sur investissement.
L’industrie du capital risque ou « capitaux-risqueurs » peut être la source de financement externe privilégiée des start-up et des entrepreneurs pour de nombreuses raisons[1].

En effet, les jeunes entreprises et les PME innovantes sont caractérisées par une large proportion d’actifs intangibles[2] et engagées dans des projets incertains. C’est notamment le cas des entreprises en phase d’amorçage ou à forte intensité technologique, pour lesquelles les financements externes traditionnels (crédit bancaire, émission d’actions) sont donc peu adaptés.

Au-delà d’un apport en capital en fonds propres, ces intermédiaires disposent d’une capacité d’expertise essentielle pour ces entreprises. De plus, ils fournissent un service additionnel, en facilitant l’accès à des consultants, des avocats et d’autres partenaires.

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Augmentation des levées de fonds pour les entreprises françaises

L’observation des investissements en capital-risque sur les quinze dernières années met en évidence une progression continue pour l’ensemble des pays développés. En 2016, ils se sont élevés à 2,288 milliard de dollars pour la France. Cela représente une hausse de 19,5% par rapport aux investissements accordés l’année précédente. Sur une période plus longue 2002-2016 la progression apparaît encore plus forte. En effet, les apports de fonds propres ont enregistré une hausse de 92%.

Au vue de cette dynamique, la France se classe à la 4ème place mondiale quant à l’investissement en capital-risque, derrière les Etats-Unis (50 054 M$ US), le Royaume Uni (3 088 M$ US) et le Canada (2 560 M$ US), dépassant ainsi l’Allemagne.

Au-delà du montant total investi via le capital-risque l’attractivité des entreprises françaises et de leurs projets innovants semble se confirmer. Au total, 427 levées de fonds par le biais du capital-risque ont été enregistrées, soit 7,6% du total des investissements en capital-risque au sein de l’OCDE. Au niveau européen, la France se classe ainsi au 1er rang du nombre d’entreprises financées, devant l’Allemagne (293) et le Royaume Uni (284).

Les statistiques dévoilées par le baromètre EY pour l’année 2017 suivent la même tendance. Les levées de fonds et le nombre d’opérations réalisées ont poursuivi leur progression, avec un total de 605 opérations réalisées. Malgré cette progression, le Royaume-Uni devance la France au nombre d’entreprises financées par le bais du capital risque en 2017.

Le secteur des nouvelles technologies concentre la majorité des investissements

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Cette attractivité concerne principalement les projets innovants du secteur des nouvelles technologies ou technologie de l’information et de la communication (TIC), soit 66,7% de l’ensemble des financements accordés. Loin devant le secteur des sciences humaines (15%), de l’énergie et technologies durables (7,9%). Comparativement aux membres de l’OCDE et d’Europe, la répartition des investissements apparaît similaire avec un secteur des technologies qui a attiré 69% des apports de fonds pour l’OCDE en 2016. Cette concentration peut s’expliquer par la perception de l’industrie du capital-risque que les entreprises innovantes de ce secteur disposent d’opportunités rapides de croissance.

L’industrie du capital risque français tend à se développer derrière les pays anglo-saxons, tels que les Etats-Unis et le Canada et occupe une place dominante en Europe. A la fois par l’apport de fonds alternatifs ou par le nombre d’entreprises financées. La dynamique des levées de fonds ainsi que le nombre d’entreprises innovantes financées en France démontre la capacité de celle-ci à avoir un accès facilité au niveau national dans leur tour de table. Et par conséquent à disposer des moyens financiers pour confirmer leurs opportunités de croissance.


[1] Paul A. Gompers and Josh Lerner (2001), « The venture capital revolution », The Journal of Economic Perspectives, Vol. 15, No.2, pp 145-168.

[2] Actifs intangibles : actifs qui ne possèdent pas de mode de réalisation physique ou financier, tels que la R&D, les biens ou services à la propriété intellectuelle, les logiciels, les bases de données ainsi que le capital humain et organisationnelle spécifique aux entreprises.

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